NOTRE HISTOIRE

ReNAC est né dans une salle de conférence à Moncton.

En avril 2026, près de 270 personnes se sont réunies pour le 19e Symposium de la FCFA sur l’immigration francophone — travailleurs de l’établissement, chercheurs, leaders communautaires et nouveaux arrivants, tous réunis pour discuter de l’avenir des communautés francophones hors Québec.

Séance après séance, une chose est devenue évidente. Les francophones nord-africains — immigrants marocains, algériens et tunisiens qui arrivent au Canada déjà parfaitement francophones, souvent munis de diplômes et d’expérience professionnelle — étaient constamment évoqués, et représentés par presque personne.

Aucune organisation n’avait été bâtie spécifiquement par et pour cette communauté. Aucune qui comprenne, par expérience vécue, ce que signifie porter un diplôme de Rabat, d’Alger ou de Tunis dans un marché du travail canadien qui ne sait pas toujours comment le lire. Aucune qui puisse parler, avec autorité, de l’expérience particulière d’être maghrébin et francophone à Ottawa, à Sudbury, ou à Moncton.

ReNAC existe pour être cette organisation.

Mais une histoire à elle seule ne suffit pas à expliquer pourquoi.

Il y a eu, plus tôt cette année, une conversation avec un professionnel de la santé formé au Maroc — des années d’expérience, un permis qui ne se reconnaissait pas, et un système canadien qui ne savait pas où le classer. Ce qui a débloqué les choses n’a pas été un formulaire. Ç’a été un lien direct : quelqu’un ici qui connaissait quelqu’un là-bas, capable de traduire non seulement des diplômes, mais des systèmes entiers l’un pour l’autre.

Ce moment a posé une question qu’on n’a pas pu laisser de côté : si un seul lien, entre un seul pays et une seule profession, peut débloquer une carrière — que devient-il possible si ce pont existe à l’échelle de toute une région, pour toutes les professions? Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie ne sont pas trois cas isolés. Ce sont trois systèmes que nous connaissons de l’intérieur, et que le Canada connaît mal. ReNAC existe pour être ce pont, en continu, pas seulement quand quelqu’un a la chance de connaître la bonne personne.

Et puis il y a eu Moncton. Lors d’un événement communautaire, une femme nord-africaine installée dans la région depuis plusieurs années a été honorée comme membre exemplaire de sa communauté — présente, engagée, de celles qui font tenir un quartier ensemble sans jamais chercher la reconnaissance. La salle l’a applaudie. Et dans cet instant de fierté simple, une évidence est apparue : combien de femmes et d’hommes comme elle œuvrent chaque jour, partout au Canada, sans qu’aucune plateforme ne raconte leur histoire ni ne les relie aux autres qui font le même travail ailleurs?

ReNAC veut être cette plateforme. Un espace qui célèbre celles et ceux qui incarnent le meilleur de notre région — pas comme un exercice de relations publiques, mais parce qu’une communauté qui se raconte ses propres réussites est une communauté qui se bâtit un avenir.